Ciné-Philo 31 janvier 2012 : La Vague, de Dennis Gansel

Ciné-Philo

Mardi 31 janvier 2012 à 20h30 au cinéma Le Foyer à Acigné :

La Vague, de Dennis Gansel

Affiche du film "La vague" de Dennis Gansel

En relation avec le thème « Qu’est-ce que penser librement ? ».
Présenté par Nathalie Monnin.

Tiré d’une expérience réellement faite par un professeur américain en 1967, ce film montre qu’aucune démocratie n’est à l’abri d’une dictature. Il remet ainsi en question l’idée que nous aimerions notre liberté plus que tout, donnant raison à Kant quand il dit, dans l’Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, que l’homme a besoin d’un maître (6ème proposition).

 On peut consulter toutes les informations utiles sur ce film sur le site suivant : http://www.bacfilms.com/site/lavague/

(l’entrée est au tarif du cinéma)
Site du cinéma Le Foyer à Acigné : www.cinemalefoyer.fr

Qu’est-ce que penser librement ? par Nathalie Monnin

Ateliers populaires de philosophie

Quatrième cycle, du lundi 9 janvier au lundi 30 janvier 2012

Qu’est-ce que penser librement ?
par Nathalie Monnin
Professeur de philosophie au lycée Chaptal à Saint Brieuc

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2011-2012

Présentation de l’atelier :

On pourrait croire que la pensée, contrairement à un corps, ne peut subir de contraintes : immatérielle, comment l’attacher et la guider ? Il semble donc, à première vue, que de nos pensées, nous soyons tout à fait libres.

Mais que faut-il entendre par cette idée de liberté accolée à la pensée ? Suffit-il de ne pas être ou se sentir contraint pour, réellement, ne pas l’être ? Ou bien, plutôt, et plus insidieusement, la pensée n’est-elle pas plus en mesure qu’un corps de subir des contraintes invisibles, justement parce qu’elle-même, immatérielle, est aussi invisible ? Autant les menottes, à nos poignets, se voient, autant nos préjugés nous sont invisibles – à nous, et parfois même ou peut-être toujours, à notre entourage.

Dans ces conditions, où les contraintes ou aliénations subies par la pensée ne pourraient pas se voir, se posent deux questions :

1) comment a-t-on pu parvenir au soupçon que la pensée pourrait ou aurait pu ne pas être libre si ses chaines nous sont invisibles ?

2) Admettons qu’on puisse détecter la présence de ces chaînes : comment s’en libérer ? Et comment être sûr que d’autres chaînes n’auront pas surgi entre temps ?

Ce qui nous amène à notre ultime question : une pensée libre est-elle possible ? Et si oui, que serait-ce ? À quoi se verrait-elle ? Peut-on définir des critères de reconnaissance d’une libre pensée ?

Mais après tout, pourrait-on dire, qu’a-t-on à faire de toutes ces questions, et de la dernière en particulier : pourquoi vouloir penser librement ?

Nous tenterons de répondre à ces questions en 4 temps :

1- Historiquement, la liberté de penser a une naissance, parce que cette liberté est d’abord une libération : celle de la parole avec l’invention de la démocratie, au Vème siècle avant JC. La naissance de la philosophie peut être considérée comme la naissance d’une certaine prise de conscience de ce qu’est une pensée non libre et, par opposition, des conditions d’apparition d’une pensée libre. On étudiera donc, dans un premier temps, trois conditions à cette libération (économique, politique et psychologique).

2- La naissance historique de la philosophie nous montre trois conditions d’apparition d’une pensée libre. Mais qu’en est-il dans une vie : comment accède-t-on à la liberté de penser ? On verra que c’est la capacité à interroger qui constitue l’essence d’une pensée libre. Cependant, cette capacité, si elle apparaît déjà dans l’enfance, est rapidement recouverte par l’éducation, la culture, l’existence en général. Comment expliquer cela ?

3- C’est la notion de conscience qu’il conviendra d’interroger pour en comprendre l’essence et la structure. On verra alors comment notre perception du monde ne peut jamais être neutre, mais est recouverte par notre culture et nos désirs. La question se posera alors de savoir si l’idée qu’une pensée puisse être libre (libérée de toute influence) n’est pas une belle illusion.

4- Avec l’exemple d’Albert Speer, on étudiera l’histoire d’une illusion, ce qui nous permettra de mieux comprendre la structure d’une conscience et son désir de liberté.

Bibliographie indicative :

Jacqueline de Romilly, Les grands sophistes dans l’Athènes de Périclès, Éd. de Fallois, 1988. J. de Romilly montre dans ce livre comment l’apparition de la démocratie à Athènes à libérer la parole, nécessitant la mise en place d’un apprentissage du bien parler pour convaincre, ce qui entraine l’apparition de questions de méthode et de déontologie en ce qui concerne notre rapport à la vérité.

Platon, République, début du livre VII : le début de ce livre raconte l’allégorie de la caverne, ou comment on doit sortir de nos préjugés pour atteindre, par une ascèse, la vérité. Le questionnement sur la vérité de notre rapport au monde passe ainsi par un questionnement sur nos propres croyances et préjugés.

Descartes, Discours de la méthode, IIème partie. Retraçant son histoire intellectuelle, Descartes montre comment la question de la vérité, la plus importante à se yeux, le conduit à élaborer les règles d’une méthode qui l’assurera à coup sûr d’atteindre son but (la vérité).

Kant, Qu’est-ce que les Lumières ? et Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? Dans ces deux articles, Kant incite le peuple à penser par lui-même, par ses propres lumières. Il met ainsi en place les conditions d’une pensée libre et les raisons des difficultés à y parvenir.

Sartre, L’être et le néant, Première partie, chapitre I, 1 (L’interrogation) et chapitre II (La mauvaise foi). Le premier chapitre, qui reprend la démarche de Heidegger dans Être et temps, montre comment l’interrogation constitue l’essence de l’homme. Le chapitre II montre toute la difficulté d’une pensée libre, car sans cesse empêtrée dans sa mauvaise foi. Celle-ci, pour Sartre, n’a rien d’une mauvaise volonté, mais constitue l’essence même de notre être, tout entier mû par ses désirs et ne pouvant s’en extraire. C’est ainsi, paradoxalement, parce que nous sommes les seuls êtres libres parmi les vivants que nous sommes aussi nécessairement aliénés, l’aliénation n’étant que le revers de la liberté. La question se posera alors pour Sartre de savoir comment on pourrait parvenir à une pensée pure.

Albert Speer, Au cœur du Troisième Reich, Fayard / Pluriel, 2011.
Ce témoignage nous intéresse pour comprendre comment les illusions bercent notre vie, alors même que nous croyons fermement être d’une grande lucidité et, comme le dit Speer, « regarder la réalité en face ». Écrit en prison, après coup, donc, cette tardive prise de conscience, si lucide qu’elle veuille être, n’est encore pas exempte d’une certain nombre d’illusions – ce qui montre comment le régime normal d’une conscience, produisant sans cesse son lot d’illusions pour pouvoir supporter la vie. Intéressant d’un point de vue historique, ce témoignage nous intéresse ici directement pour saisir l’histoire d’une conscience et de son rapport à la vérité.

Cet Atelier se conclura par la projection du film La Vague, de Dennis Gansel
au cinéma d’Acigné, le mardi 31 janvier, à 20h45.

Affiche du film "La vague" de Dennis Gansel

Ciné-Philo 13 décembre 2011 : Emma, de Douglas McGrath

Ciné-Philo

Mardi 15 novembre 2011 à 20h30 au cinéma Le Foyer à Acigné :

Emma, de Douglas McGrath


En relation avec l’Introduction à la philosophie de Spinoza.
Présenté par Nathalie Monnin.

(l’entrée est au tarif du cinéma)
Site du cinéma Le Foyer à Acigné : www.cinemalefoyer.fr

Synopsis du film :

Angleterre, XIXè siècle. Emma vit seule avec son père. Au départ de sa nourrice et persuadée qu’elle a beaucoup à enseigner aux autres, elle décide de consacrer sa vie à les aider en arrangeant leurs mariages. Elle prend sous sa protection son amie Harriet, brisant son idylle avec un jeune fermier qu’elle juge de trop modeste extraction. Accumulant les idées préconçues et les erreurs de jugement, elle essaie de marier Harriet à un vicaire arriviste, puis à Frank Churchill qui est secrètement fiancé. Harriet se prend alors d’affection pour Mr Knightley, ami et confident d’Emma. Cette dernière se rend compte peu à peu qu’elle est finalement amoureuse de Knightley et réciproquement. Elle est soulagée d’apprendre qu’Harriet et son fermier ont renoué, et se marie avec Knightley.[source : www.premiere.fr]

Jane Austen (1775 – 1817), romancière à une époque où les femmes de la petite bourgeoisie anglaise n’avaient guère d’existence qu’au sein de leur famille et dans les oeuvres de charité. Elle publie entre 1811 et 1816 anonymement ses premiers romans, dont Emma en 1816, qui connaît un grand succès. Ses romans dépeignent de manière très fine et subtile la vie des femmes et leur principale préoccupation, le mariage avec, si possible, l’ascension sociale. Le portrait de la société anglaise est parfois assez acerbe, l’écrivain (restée célibataire) faisant preuve d’une remarquable finesse psychologique dans la description de notre condition humaine.
Nathalie Monnin

Introduction à la philosophie de Spinoza, par Jacqueline Lagrée

Ateliers populaires de philosophie

Troisième cycle, du lundi 21 novembre au lundi 12 décembre 2011

Introduction à la philosophie de Spinoza
par Jacqueline Lagrée
Professeur de philosophie à l’Université de Rennes I

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2011-2012

Jacqueline Lagrée présentera d’abord le personnage qu’était Spinoza et son entrée en philosophie, à partir de la préface du Traité de la réforme de l’entendement. La deuxième séance abordera la lutte contre les préjugés et les superstitions, à partir de la préface du Traité théologico-politique. La troisième séance portera sur la géométrie des passions. La dernière séance étudiera les notions de liberté, de nécessité, de salut et de béatitude sur lesquelles se termine l’Éthique.

Petite bibliographie :

Pierre François Moreau, Spinoza, coll. Que Sais-je ?
Ariel Suhamy, Spinoza pas à pas, Ellipse
Ariel Suhamy, Spinoza et les bêtes, Ellipse

Cet Atelier se conclura, le mardi 13/12, à 20h30 (cinéma d’Acigné), avec la projection du film de Douglas MacGrath, Emma l’entremetteuse (1997), 1h55, film tiré du roman de Jane Austen, Emma.

Synopsis du film :

Angleterre, XIXè siècle. Emma vit seule avec son père. Au départ de sa nourrice et persuadée qu’elle a beaucoup à enseigner aux autres, elle décide de consacrer sa vie à les aider en arrangeant leurs mariages. Elle prend sous sa protection son amie Harriet, brisant son idylle avec un jeune fermier qu’elle juge de trop modeste extraction. Accumulant les idées préconçues et les erreurs de jugement, elle essaie de marier Harriet à un vicaire arriviste, puis à Frank Churchill qui est secrètement fiancé. Harriet se prend alors d’affection pour Mr Knightley, ami et confident d’Emma. Cette dernière se rend compte peu à peu qu’elle est finalement amoureuse de Knightley et réciproquement. Elle est soulagée d’apprendre qu’Harriet et son fermier ont renoué, et se marie avec Knightley.[source : www.premiere.fr]

Jane Austen (1775 – 1817), romancière à une époque où les femmes de la petite bourgeoisie anglaise n’avaient guère d’existence qu’au sein de leur famille et dans les oeuvres de charité. Elle publie entre 1811 et 1816 anonymement ses premiers romans, dont Emma en 1816, qui connaît un grand succès. Ses romans dépeignent de manière très fine et subtile la vie des femmes et leur principale préoccupation, le mariage avec, si possible, l’ascension sociale. Le portrait de la société anglaise est parfois assez acerbe, l’écrivain (restée célibataire) faisant preuve d’une remarquable finesse psychologique dans la description de notre condition humaine.

Nathalie Monnin

Entretien autour de SARTRE, avec Michel Contat, mercredi 9 novembre 2011

Parcours grands philosophes

Le « Parcours grands philosophes » a pour but de faire connaître une pensée philosophique à partir de la vie de son auteur.

Première rencontre,  autour de Sartre, avec Michel Contat ce

mercredi 9 novembre 2011, à 18h30
aux Champs Libres, salle de conférences Hubert Curien


Présentation de Michel Contat :

Photo de Michel ContatMichel Contat, né à Berne en 1938, a rencontré Sartre en 1965, pour lui présenter son mémoire universitaire sur les Séquestrés d’Altona. Commença alors, en  collaboration avec Michel Rybalka, l’énorme travail de bio-bibliographie salué par Sartre, Les Écrits de Sartre (Gallimard, 1970).
Entré dans l’intimité du philosophe, il le filme (Sartre par lui-même, avec Alexandre Astruc, 1972-1976), l’interview (Autoportrait à 70 ans) et travaille à partir de 1973 pour la revue fondée par Sartre, Les Temps modernes.
Critique littéraire au Monde, chroniqueur de jazz pour Télérama, mais aussi chercheur au CNRS, il constitue, en 1986, une équipe de travail sur les manuscrits inédits de Sartre (à l’ITEM, Institut des Textes et Manuscrits modernes), équipe à laquelle il participe encore aujourd’hui.
On lui doit, entre autres publications, l’édition d’Un théâtre de situations (Gallimard, 1973), des Œuvres romanesques en Pléiade (1981), des Écrits de jeunesse (Gallimard, 1990), et du récent Théâtre complet en Pléiade, ainsi que le téléfilm de Claude Goretta Sartre, l’âge des passions, écrit en collaboration avec Michel-Antoine Burnier (2006).

Ciné-Philo, 15 novembre 2011 : L’enfant sauvage, de François Truffaut

Ciné-Philo

Mardi 15 novembre 2011 à 20h30 au cinéma Le Foyer à Acigné :

L’enfant sauvage, de François Truffaut

L’enfant sauvage, de François Truffaut

En relation avec le thème «  La parole et la pensée ».
Présenté par Sandrine Servy, professeur de philosophie au lycée Zola à Rennes.

(l’entrée est au tarif du cinéma)
Site du cinéma Le Foyer à Acigné : www.cinemalefoyer.fr

Présentation :

L’enfant sauvage, François Truffaut, 1970

Le film L’enfant sauvage raconte l’histoire de Victor, enfant trouvé vers l’âge de 9-10 ans dans l’Aveyron, avec le docteur Itard, qui s’était vu confié l’enfant pour tenter de l’éduquer afin de le réinsérer dans la vie sociale.

Le film montre les diverses étapes de cette éducation et de ses tâtonnements, nous enseignant à la fois combien l’éducation est indispensable à la constitution de notre humanité et combien la compréhension de ce que nous sommes (des êtres devant être éduqués) est difficile. On peut dire que le film montre ainsi à la fois comment nous devenons humain et la difficulté de la compréhension de ce devenir. Il présente un double intérêt, génétique (ou métaphysique) et épistémologique : non seulement celui de comprendre notre humanité, mais aussi celui de comprendre la difficulté de penser cette humanité.

C’est en 1797 que Victor est attrapé. On lui donne 11 ou 12 ans. Bonaparte, ayant eu connaissance de cet événement, demande son transfert à Paris, à l’Institution impériale des Sourds et Muets (rue du Faubourg Saint-Jacques). C’est là que le docteur Itard, médecin-chef, obtient la garde de l’enfant pour cette expérience d’éducation (ou de rééducation, selon le point de vue adopté à propos de la définition de notre humanité). Il confie les soins de l’enfant à Madame Guérin tandis qu’il le fait travailler et travaille lui-même à comprendre ce qui se passe en réfléchissant à la manière de s’y prendre. On assiste alors à une double éducation : celle de l’enfant et celle de l’éducateur. Après 11 ans de ce train de vie, Itard abandonne et laisse le jeune adulte chez Madame Guérin, qui s’en occupera jusqu’à la mort de celui-ci, en1828, vers l’âge de 39 ans. Victor n’aura jamais réussi à parler.

Le film de Truffaut est très fidèlement inspiré du Mémoire et Rapport sur Victor de l’Aveyron, écrit par le Docteur Itard (1774-1838) tout au long de son « expérience » de rééducation ou d’éducation du jeune Victor. On peut trouver ces deux textes dans le livre Victor de l’Aveyron, de Jean Itard, publié aux éditions Allia, 2009, ainsi que dans le livre de Lucien Malson, Les enfants sauvages, mythe et réalité suivi de Mémoire et rapport sur Victor de l’Aveyron, éd. 10/18, 1964, réédité en 2002.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les sites suivants :
http://www.ammppu.org/litterature/itard_victor_aveyron.htm
http://www.19e.org/biographies/I/itard.htm

Bibliographie autour du sujet :
Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique
Condillac, Traité des sensations

La parole et la pensée, par Michel Poitevin

Ateliers populaires de philosophie

Deuxième cycle, du lundi 10 octobre au lundi 14 novembre 2011

La parole et la pensée
par Michel Poitevin
Professeur de philosophie au lycée Savina de Tréguier

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2011-2012

Présentation de l’atelier :

Parole et pensée

Y-a-t-il un usage de la parole qui résiste à l’usure du langage?
Tout se passe comme si notre parole était envahie par une langue commune. Dans ces conditions, comment trouver une voix juste, comment accéder à une parole qui ex- prime à la fois notre pensée et notre sensibilité?
Nous nous interrogerons d’abord sur les relations entre les mots et la pensée : les mots sont-ils un obstacle à l’expression de nos idées ou une épreuve pour la pensée qui doit passer par le langage pour manifester son énergie et sa puissance?
Nous nous interrogerons ensuite sur la nature de la parole poétique : est-elle en charge de la vérité, assumant ainsi une responsabilité autrefois confiée à la philoso- phie? N’est-elle pas plutôt à l’origine d’une émotion singulière et désintéressée?

Bibliographie :

1 – Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète , trad. Marc B. de Launay Poésie Gallimard Dans cette méditation sur “l’accomplissement intérieur”, Rilke souligne la part de la soli- tude nécessaire à toute entreprise de création littéraire.
2 – Henri Bergson, Le rire (1900). Essai sur la signification du comique, PUF Dans le chapitre III, Bergson montre que la mission de l’art est de nous faire rencontrer la réalité en développant notre sensibilité esthétique
3 – Henri Bergson, La pensée et le mouvant. Essais et conférences (1934), P.U.F., 1969 La pensée humaine manque le mouvement qui est la réalité même des choses. Bergson in- vente les concepts pour permettre à la pensée d’accéder à cette réalité.
4 – Hegel, Phénoménologie de l’esprit (1807), trad. Hyppolite, Aubier, 1947, tome II, pp. 69- 84. Hegel montre comment le flatteur cherche à renverser le sens du pouvoir en jouant sur ses éléments les plus représentatifs.
5 – Heidegger, Lettre sur l’humanisme (1946), Aubier, philosophie de l’Esprit, 1983 Heidegger développe dans ce texte une réflexion sur le sens de L’Etre et définit la réalité humaine dans son rapport essentiel au langage.
6 – Michel Foucault, L’ordre du discours, NRF, Gallimard, 1971. Leçon inaugurale au Col- lège de France
7 – Émile Benvéniste , Problèmes de linguistique générale, II (1974) Benveniste confronte les propositions de la linguistique aux interrogations des sciences (histoire, psychanalyse, philosophie)

Ciné-Philo 4 octobre 2011 : Le sacrifice, d’Andreï Tarkovski

Ciné-Philo

Mardi 4 octobre 2011 à 20h30 au cinéma Le Foyer à Acigné :

Le sacrifice, d’Andreï Tarkovski


En relation avec le thème « La métaphysique ».
Présenté par Denis-M Kermen.

(l’entrée est au tarif du cinéma)

Présentation :

Andréï Tarkovski

Fils du grand poète Arseni Tarkovski, formé au VGIL, l’école de cinéma de Moscou, Andréï Tarkovski (1932-1986) devient l’une des figures majeures du cinéma soviétique aux yeux du monde entier avec L’Enfance d’Ivan (Lion d’or au festival de Venise en 1962), puis avec Andréï Roublev. Il est immédiatement en butte avec la censure dans son propre pays où il fait figure de metteur en scène dissident. La publication de son journal révèle un homme douloureux et révolté, un créateur exigeant toujours plus de lui-même pour donner sens à son art, tel le personnage d’Andréï Roublev, qui devra exercer le talent que Dieu lui a donné pour percer à jour le secret de la cloche, ou celui du Sacrifice qui devra renoncer à tout. Sa position d’auteur dans un cinéma d’Etat l’empêchant de poursuivre sa création, Tarkovski choisit l’exil vers l’Europe de l’Ouest et réalise deux films consacrés aux thèmes du sacrifice et du renoncement : Nostalghia et le Sacrifice. La maladie le terrasse à Paris, à l’âge de 54 ans, alors qu’il n’est parvenu à mettre en scène que 7 films… bien peu par rapport à tous ceux qu’il portait en lui. [source : Tarkovski, Michel Chion, Les Cahiers du Cinéma, 2008]

Empreintes d’une pensée orthodoxe slave et de panthéisme, ses œuvres explorent le basculement de l’Homme vers la folie ou tentent de franchir la frontière ténue séparant l’imaginaire du rationnel, créant une imagerie hypnotique et visionnaire où s’entrelacent tout un réseau de symboles d’origine païenne ou chrétienne et une série de figures poétiques alliant le profane et le sacré. La spiritualité, la présence de la terre et son union prophétique avec les trois autres éléments de la vie (eau, feu et air), la solitude des êtres, leurs rêves, leurs fantasmes, leur imagination et leurs tourments existentiels sont des thèmes chers à Tarkovski.
[source : Wikipédia]

Le Sacrifice (Offret) est le septième long métrage et dernier film du réalisateur soviétique Andreï Tarkovski, sorti sur les écrans en 1986.

C’est une méditation sur l’importance de la parole, de la parole donnée, de la prière.

Synopsis

Alexandre est un ancien comédien qui vit avec sa famille sur une île au large des côtes suédoises. Pour son anniversaire, il plante un arbre sec au bord de la mer. Son petit garçon de six ans l’accompagne. Il ne peux plus parler suite à une opération du cou. Alexandre raconte à son fils l’histoire d’un vieil homme qui plante un arbre sec en haut d’une montagne. Et que chaque jour, cet homme gravit la montagne pour l’arroser. Un beau jour, l’arbre était couvert de fleurs. Le facteur Otto arrive et lui remet un télégramme. Il médite sur le nain dans le Zarathoustra de Nietzsche. Pendant que les invités à la fête arrivent à la maison, Alexandre expose sa pensée sur l’état de la civilisation, le progrès scientifique, et l’impuissance à agir des humains.
La fête se prépare. Pendant que les deux femmes de maison préparent le repas, Otto offre à Alexandre une vieille carte d’Europe. Otto est un curieux collectionneur. Il recueille tous les faits inexpliqués et singuliers. Il se documente précisément. Adelaïde, la jeune épouse d’Alexandre, comédienne d’origine anglaise, est déçu qu’il ait abandonné sa carrière théâtrale.
Soudain, le ciel s’assombrit, la vaisselle se met à vibrer, les verres tombent, le sol tremble. Les hôtes sont effrayés et stupéfaits. De la télévision on entend une voix qui annonce « Ordre et organisation ! Chacun doit rester à l’endroit où il est, car il n’y a pas d’endroit plus sûr en Europe où chacun se trouve actuellement. » Les programmes sont brutalement interrompus. Victor, un des invités, médecin, calme l’hystérie d’Adelaïde avec une injection. Le petit garçon dort dans sa chambre. La femme de maison Maria et Otto ont disparu.
Alexandre erre désespéré dans la maison. Il se met à prier et promet d’offrir tout ce qui lui est cher, de ne plus dire une seule parole, si tout revient à nouveau comme au matin. Otto revient et convainc Alexandre d’aller chez Maria. Il doit coucher avec elle pour que le monde soit sauvé. Alexandre part à vélo et arrive chez Maria. Il lui dit en pleurant la misère de son existence. Devant son indifférence apparente, il est sur le point de se tirer une balle dans la tête. Maria va vers lui et le console, se déshabille.
Lorsqu’il se lève le lendemain, tout semble être revenu comme avant. Après le petit-déjeuner, sa femme et les invités vont faire une promenade. Alexandre se cache pour rester à la maison. Il allume le feu. La maison brûle avant que le groupe soit rentré. Alexandre est immédiatement emmené de force dans une voiture pour l’asile.
On voit l’enfant arroser l’arbre et parler pour la première fois : « Au commencement était le Verbe. Pourquoi, Papa ? »
[source : Wikipédia]

Site du cinéma Le Foyer à Acigné : www.cinemalefoyer.fr

Programme Ciné-Philo 2011-2012

En partenariat avec le cinéma Le Foyer à Acigné, huit films, en relation avec chacun des thèmes des Ateliers, seront projetés puis suivis d’une courte présentation de l’intérêt philosophique du film par rapport au thème de l’Atelier et d’une discussion avec le public, puis pot de l’amitié, offert par le cinéma.
Site du cinéma : www.cinemalefoyer.fr

Programme 2011-2012

Mardi 4 octobre 2011 à 20h30 : Le sacrifice, de Andrei Tarkovski,
en relation avec le thème « La métaphysique », présenté par Denis M. Kermen.

Mardi 15 novembre 2011 à 20h30 : L’enfant sauvage, de François Truffaut,
en relation avec le thème « La parole et la pensée », présenté par Sandrine Servy.

Mardi 13 décembre 2011 à 20h30 : Emma, de Douglas McGrath,
en relation avec l’Introduction à la philosophie de Spinoza, présenté par Nathalie Monnin.

Mardi 31 janvier 2012 à 20h30 : La Vague, de Dennis Gansel,
en relation avec le thème « Qu’est-ce que penser librement ? », présenté par Nathalie Monnin.

Mardi 20 mars 2012 à 20h30 : Les ailes du désir, de Wim Wenders,
en relation avec le thème « Ce que le poète dit au philosophe », présenté par Denis-M Kermen.

Mardi 24 avril 2012 à 20h30 : Pina, de Wim Wenders,
en relation avec le thème « La philosophie de la danse », présenté par Sandrine Servy.

Mardi 22 mai 2012 à 20h30 : La Planète des Singes : Les origines, de Rupert Wyatt,
en relation avec le thème « L’animal » présenté par Denis M. Kermen.

Mardi 26 juin 2012 à 20h30 : La piel que habito, de Pedro Almodóvar,
en relation avec le thème « L’homme comme maître et possesseur de la nature » présenté par Denis M. Kermen

L’entrée du cinéma est au tarif du cinéma.

La métaphysique, par Denis M. Kermen

Ateliers populaires de philosophie

Pour des raisons matérielles, la première séance des ateliers populaires de philosophie aura lieu le lundi 19 septembre 2011 de 18h à 20h au lycée Emile Zola à Rennes.

Premier cycle, du lundi 19 septembre au lundi 3 octobre 2011

La métaphysique
par Denis M.Kermen
Professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Chateaubriand à Rennes

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2011-2012

Présentation de l’atelier :

Avant le temps, qu’y avait-il ? Comment le vide peut-il occuper l’espace ? Pourquoi veut-on être libre ? Qui répond à ces questions, dont certaines sont communes, même aux enfants ? La philosophie ? Oui ; et plus spécialement : la Métaphysique.
Vieille connaissance ! Le respectable Aristote ( 384 – 322 ac. ) est l’inventeur de ce qui fut très sérieusement une science jusqu’à l’époque moderne, où sont nées nos sciences d’aujourd’hui, objectives et tournées vers l’ici-bas. Mais la Métaphysique n’est pas pour autant située dans les sphères ! Elle concerne de près notre vie, mais sous un angle que les occupations et contraintes quotidiennes ne permettent pas toujours d’entrevoir. Elle ne veut pas connaître ce qui est, mais les conditions pour être.
À l’origine, un livre, ou plutôt 14 livres d’Aristote qui formaient un ensemble et que des disciples ont décidé de réunir et de nommer « méta ta physika » (« biblia »), « les livres qui viennent après les livres de Physique ». Le mot était né. Et la chose aussi : la Physique (Aristote est aussi l’auteur d’une Physique) s’intéresse aux réalités sensibles, observables, naturelles ; la Métaphysique part à la recherche de ce qu’il y a « après », « l’être en tant qu’être » écrit Aristote, c’est-à-dire les conditions communes à tout ce qui est. Si je dis : « la somme des angles d’un triangle est égale à deux angles droits », « ce lit est blanc », ou « l’enfant est un homme », le sens du verbe être ici utilisé est à chaque fois différent. Le premier c’est la nécessité, le deuxième la contingence (le lit peut ne pas être blanc), le troisième la puissance (la potentialité) : l’enfant « est » un homme adulte « en puissance ».
Si le sens diffère, c’est que l’être lui-même est multiple ; et pourtant il est unique ! Sur ce postulat, la Métaphysique des anciens grecs a servi de base à la théologie chrétienne (mais aussi musulmane) à venir. Mais attention ! l’être en Métaphysique se pense par la raison, elle seule suffit à dire pourquoi « cela» existe plutôt que non, et ainsi plutôt qu’autrement. Si l’être est un et multiple, c’est que les conditions de son existence sensible sont différentes selon le temps et l’espace : l’arbre, à dix ans et à cent ans est-il le même ? Et l’animal ? Et l’homme ? Kant (1724-1804) dit ainsi que le temps n’est pas dans les choses comme le ver dans le fruit ou la fatigue dans l’âme, mais qu’il est le « comment » je perçois les choses, intérieurement ; pareil pour l’espace, mais extérieurement.
L’âme, parlons-en. Est-elle mortelle, avec le corps, ou immortelle ? Et si elle est immortelle, où était mon âme avant d’être en moi ? À toutes ces questions, métaphysiques et spirituelles, on peut en substituer une autre, plus basique et plus simple : qu’est-ce que l’âme ? L’esprit, la sensibilité ? On hésite, parce que la vie intellectuelle et la vie affective sont souvent liées. En tout cas, l’âme est ce qui n’est pas le corps, mais uni à lui, et indissociable, au point que rien de ce qui est l’un n’est étranger à l’autre. L’âme est dans le corps comme le sel dans la mer, écrit joliment Leibniz . Mais on pourrait aussi proposer une définition plus moderne : l’âme, c’est l’ensemble de mes différences (physiques et morales) qui font que je suis une « personne », absolument irréductible à une autre personne… Les problèmes de bio-éthique ne sont pas loin !

Bibliographie

ARISTOTE, Métaphysiques
DESCARTES, Méditations métaphysiques
LEIBNIZ, Discours de Métaphysique
KANT, Critique de la Raison Pure
NIETZSCHE, Par-delà Bien et Mal
HEIDEGGER, « Qu’est-ce sue la Métaphysique ? » in Questions, I