2e Nuit de la philo à Pointe-Noire (Congo) avec Yvan Droumaguet

Photos prises à Pointe-Noire au Congo où Yvan Droumaguet était invité par l’Institut franco-congolais pour la 2ème édition de La nuit de la philo (mercredi 10-12-2014) dont le thème était Est-il raisonnable d’aimer ? et au Lycée Mpaka (6000 élèves, classes de 200) le mardi 9-12-2014.

L’amour, échec de la philosophie ? par Yvan Droumaguet

Ateliers populaires de philosophie

Deuxième cycle, du lundi 15 octobre au lundi 19 novembre 2012
L’amour, échec de la philosophie ?

par Yvan Droumaguet
Professeur de philosophie

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2012-2013

Présentation de l’atelier :

S’il est une vérité de l’amour, ne se trouve-t-elle pas dans les mythes, les romans, les poèmes ou les chansons plutôt que dans la philosophie ? Pourtant la philosophie aussi est amour, amour de la sagesse. Cette quête de sagesse aurait-elle pour condition le renoncement aux amours humains, soumis à la folie des passions et aux vertiges des illusions ? Mais, entre remède et consolation, la philosophie n’est-elle pas, au fond, sans voix (et sans voie ?), confrontée à ce qui n’obéit à aucune logique ni aucune loi ? La parole sensée (mais l’est-elle toujours ?) des philosophes peut-elle nous éclairer sur l’insensé (ce qui n’est pas dépourvu de sens) de l’amour ? Et si c’était l’amour qui nous éclairait sur la philosophie…?

Bibliographie :

– Olivia Gazalé, Je t’aime à la philo, Quand les philosophes parlent d’amour et de sexe. (Laffont – Les mardis de la philo. 2012). Ouvrage très accessible, agréable à lire, traitant de manière à la fois simple et documentée de questions que chacun se pose (par exemple dans la 2ème partie qui traite particulièrement de l’amour : Choisit-on l’être aimé ? ou Le désamour est-il inéluctable ?)

Nicolas Grimaldi, Métamorphoses de l’amour (Grasset 2011. Livre de poche 2012). Ouvrage très stimulant, illustrant ses théses par des scènes de films ou de romans, l’auteur s’efforce de comprendre l’énigme de l’amour en le rapportant notamment à la solitude et à l’attente, réfléchit sur la dimension religieuse de l’amour comme révélation et transfiguration de l’existence et bien d’autres choses encore (la jalousie..).

Alain Badiou, Eloge de l’amour, entretien avec Nicolas Truong (Flammarion 2009). Ouvrage rédigé à partir d’un dialogue public au Festival d’Avignon en juillet 2008. L’auteur affirmant que le rôle d’amant importe tout autant au philosophe que celui de savant, d’artiste ou de militant et que « la pensée n’est jamais séparable des violentes péripéties de l’amour », réfléchit sur l’amour (qui se rapporte à l’autre dans sa totalité) et ses rapports à la philosophie, à l’art et à la politique.

Aude Lancelin, Marie Lemonnier, Les philosophes et l’amour.  Aimer de Socrate à Simone de Beauvoir (Plon 2008). Ouvrage très accessible et plaisant dans lequel les auteures présentent avec simplicité et clarté les pensées de philosophes (Platon, Lucrèce, Rousseau, (même) Kant, Schopenhauer, Nietzsche… sans omettre de considérer leur propre vécu (ou absence de vécu) de l’amour.

Alain Finkielkraut, Et si l’amour durait  (Stock 2011). L’auteur examine l’hypothèse du titre, hypothèse qu’on pourrait penser aussi belle que souvent démentie par la vie, à partir d’oeuvres littéraires (du classique Princesse de Clèves à Philip Roth ou Milan Kundera). Si nous sommes libres d’aimer, savons-nous aimer ? Que nous apprend l’épreuve du temps ?

J’ajouterai (entre autres) parmi les ouvrages récents :

Qu’est-ce que l’amour ? d’ Umberto Galimberti (Le cose dell’amore 2004, traduit en 2008, PPB Payot 2011) qui réfléchit sur l’amour en considérant successivement ce à quoi l’amour est lié (de la transcendance à la folie en passant par la solitude, le désir, la jalousie etc..).

Le paradoxe amoureux  de Pascal Bruckner (Grasset 2009, Livre de poche 2011). Qu’en est-il aujourd’hui de l’amour et, particulièrement, du paradoxe contemporain d’une liberté amoureuse : peut-on être libre et amoureux ?

L’amour de A à XY de Lucy Vincent (Odile Jacob poches, 2012) L’amour dépendrait-il de mécanismes chimiques ? Ce que nous appelons amour ne serait-il que l’accomplissement de notre programme biologique ? L’auteure apporte son éclairage de neurobiologiste mais sans dogmatisme et avec humour.

Le sexe ni la mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité (Albin Michel 2012) Ouvrage qui a connu un succès de librairie. L’auteur réfléchit sur l’amour à partir d’une distinction entre éros (l’amour passion), philia (l’amour comme joie et puissance) et agapè (l’amour comme charité, humanité). On y trouve une réflexion sur ce qui différencie les philosophes (Platon, Aristote, Spinoza…) en ce qui touche l’amour et le désir, et un plaidoyer de l’auteur pour le bonheur d’aimer.

Egalement, parmi des ouvrages moins récents mais toujours instructifs :

L’amour et l’Occident de Denis de Rougemont (10/18 , 1972 pour l’édition définitive)

Etudes sur l’amour de José Ortega y Gasset (Rivages poche 2004, textes du philosophe espagnol écrits en 1926 et 1927)

et, bien sûr, Le Banquet et les analyses de L’Etre et le néant etc…

A propos de Galimberti (ouvrage que je ne place pas parmi ceux que je pourrais recommander, je le trouve assez mal écrit (mauvaise traduction ?) et ses thèses peu claires), j’ai oublié de préciser qu’il s’agit d’une approche psychanalytique.

Trois journées de réflexion 2011 – L’amour

En partenariat avec les Champs Libres, la Société bretonne de philosophie organise chaque année « Les Champs de la réflexion ». Cette année 2011, le thème sera

L’Amour

Voir et écouter les conférences

Programme :

Jeudi 24 mars, 20h30

Jean-Michel Salanskis

Vendredi 25 mars, 15h – 18h

Dialogue autour de l’amour courtois, entre Denis Hüe, professeur de littérature médiévale à Rennes II et Philippe Carpentier, psychanalyste à Rennes.

Au fil de l’exposé de Denis Hüe sur l’amour courtois du XIe au XIVe siècle, Philippe Carpentier interviendra à partir de Lacan qui, dans le Séminaire VII, « l’éthique de la psychanalyse », voit dans l’amour courtois le paradigme de l’amour : pourquoi ? Que penser alors d’autres formes possibles d’expression de l’amour ? Et que dire, aujourd’hui, de la courtoisie en amour ?
La séance se déroulera sans pause entre le dialogue des deux intervenants et les questions du public.
Bibliographie pour la journée du 25 mars

Samedi 26 mars, 15h30 – 17h30

André Comte-Sponville

Lieu : salle de conférences Hubert Curien, aux Champs Libres

 

Voir l’article sur le site des Champs Libres

 

 

Historique des journées de réflexion :
2010 : « Tu ne tueras pas »
2009 : La guerre

L’amour, par Gabriel Mahéo

Ateliers populaires de philosophie

Cinquième cycle, du lundi 14 février au lundi 21 mars 2011

L’amour
par Gabriel Mahéo
professeur de philosophie au lycée du Léon à Landivisiau
Bibliographie

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2010-2011

Bibliographie :

Platon, le Banquet et Phèdre.
Max Scheler, Nature et formes de la sympathie.
J.-P. Sartre, L’être et le néant, pour la troisième partie portant sur les relations à autrui, dont l’amour.
S. Freud, Essais de psychanalyse (IIe partie, chap. 8.) et La vie sexuelle (chap. 4).

Deux ouvrages classiques sur la question :
Anders Nygren, Eros et agapè.
C’est une étude qui met au point les deux concepts fondamentaux de l’amour, grec et chrétien, et ce à travers une analyse conceptuelle et une perspective historique sur le christianisme.
Denis de Rougemont, L’amour et l’occident.
C’est une étude historique, qui montre l’origine de notre idée de l’amour dans le mythe de Tristan et Iseut et dans ses métamorphoses (notamment au contact de l’hérésie cathare…).

Les contemporains :
Jean-Luc Marion, Le phénomène érotique.
Jose Ortega y Gasset, Etudes sur l’amour.
Ce dernier est un ouvrage assez court, très accessible et un des plus intelligents sur la question.
Alberoni, Le choc amoureux – étude sociologique de l’amour.

Intervention de Jean-Michel Salanskis

Conférences introductive : L'amour par Jean-Michel Salanskis from Les Champs Libres on Vimeo.

Je voudrais parler de l’amour tout à fait autrement qu’il est coutume de le faire en philosophie:
1) d’une part, il ne s’agira pas pour moi de réfléchir sur le statut métaphysique de l’amour, sur le problème de la fusion des individualités ou de la radicalité du désir comme fonction du manque;
2) d’autre part, mon approche de l’amour donne privilège à l’expérience romantique commune, et à ses expressions “vulgaires” dans les films, les séries et les chansons.

Je tenterai d’expliquer en quoi consiste une approche déontologique de l’amour comme tradition du sens, conformément à mon programme philosophique de l’ethanalyse, et de présenter partiellement les résultats d’une telle approche.

Note bio-bibliographique

J.-M. Salanskis, Professeur de Philosophie des Sciences, Logique et Epistémologie à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. A travaillé en philosophie des mathématiques, phénoménologie, sur la tradition juive, sur la philosophie contemporaine dans toutes ses composantes. Défend une orientation philosophique personnelle, notamment dans ses deux livres Sens et philosophie du sens (Paris, Desclée de Brouwer, 2001) et Territoires du sens (Paris, Vrin, 2007). Parmi les livres publiés aussi: Philosophie des mathématiques (Paris, Vrin, 2008), Usages contemporains de la phénoménologie (Paris, Sens et Tonka, 2008), Talmud, Science et Philosophie (Paris, Les Belles Lettres, 2004).

À propos de l’éthanalyse

par Gabriel Mahéo

Dans Territoires du sens, Jean-Michel Salanskis nous propose la mise en œuvre d’une nouvelle méthode philosophique pour étudier l’expérience humaine, qu’il nomme « ethanalyse ». Celle-ci s’applique, entre autres, à la question de l’amour, et se caractérise tout d’abord par son refus de considérer l’amour comme un fait, comme un état de chose ou une simple donnée du comportement humain, dont on pourrait se contenter de rendre compte par le moyen d’une description et d’une explication psychologique ou sociologique. L’originalité de l’approche « ethanalytique » de M. Salanskis réside dans la façon dont il entend appréhender le phénomène de l’amour : plutôt que comme un fait, ce dernier doit aussi et surtout être compris comme une exigence, comme un appel qui nous est lancé et qu’il nous appartient de reprendre à notre compte en adoptant certaines conduites déterminées : intimité, fidélité, séduction, etc. Toutes ces conduites forment ce que M. Salanskis nomme la « sémance » de l’amour, c’est-à-dire l’ensemble des prescriptions, des attentes qui sont les nôtres lorsque nous y sommes confrontés. Le mot « amour » prend alors le sens d’une interpellation qui nous engage dans certaines directions – quand bien même nous serions, finalement, incapables de les suivre jusqu’au bout. Il est moins un fait qu’une demande idéale. L’analyse consiste alors à décomposer ces différentes dimensions, à démêler les différents sens impliqués dans le phénomène complexe de l’amour. Pour identifier ce qu’a de spécifique cette demande de l’amour, M. Salanskis adopte alors le regard opposé, celui du sceptique qui « ne croit pas à l’amour » ; par là il nous donne à voir que ce qui résiste à ce regard sceptique constitue le propre et l’irréductible de l’amour. Ainsi l’intérêt de l’approche « ethanalytique » de M. Salanskis apparaît-elle, entre autres, dans sa capacité à rendre compte des paradoxes et des apories de l’amour, sans chercher à les dissoudre dans une explication qui en manque la profondeur : les contradictions de l’amour font partie de son essence, de sa « sémance », car il est avant tout une exigence qu’aucun fait ne peut prétendre épuiser.

Retour à 3 journées de réflexion 2011 : L’amour

Intervention d’André Comte-Sponville

Il y a plusieurs types d’amour, qu’on se plaît parfois à confondre et qu’André Comte-Sponville se propose, au contraire, de distinguer. Il y a le rêve de la fusion et l’expérience du manque. Il y a la passion et l’amitié. Il y a l’amour qui prend et l’amour qui donne. Il y a « la grande souffrance du désir », comme dit Platon ; mais aussi sa puissance et sa joie, comme dit Spinoza. Et puis il y a la charité, la très douce et très pure charité. Mais en sommes-nous capables ?
Tout cela peut se dire en grec, autour de trois mots, qui sont comme les trois noms de l’amour : Éros, philia, agapè. C’est ce qu’André Comte-Sponville nous aidera à comprendre.

Note bio-bibliographique

 

André Comte-SponvillePhilosophe rationaliste, matérialiste et humaniste, André COMTE-SPONVILLE propose une sagesse pour notre temps. Il se définit comme « athée non dogmatique et fidèle ». Ses auteurs de prédilection sont Epicure, Montaigne et Spinoza. Parmi les Modernes, il se sent proche surtout de Claude Lévi-Strauss, Marcel Conche et Clément Rosset.

Il est né à Paris, en 1952. Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, docteur de troisième cycle, Docteur Honoris Causa de l’Université de Mons-Hainaut, en Belgique, il fut pendant longtemps Maître de Conférences à la Sorbonne (Université Paris I). Il a aujourd’hui cessé d’enseigner, pour consacrer davantage de temps à l’écriture et aux conférences qu’il prononce en dehors de l’Université. Il est membre du Comité Consultatif National d’Éthique depuis mars 2008.

Il a publié d’abord un Traité du désespoir et de la béatitude, ainsi que trois recueils d’articles : Une éducation philosophique, Valeur et vérité (Études cyniques), et Impromptus. Ces quatre livres, qui connaissent un grand succès (le Traité du désespoir et de la béatitude, publié en 1984, en est à sa quinzième édition), sont édités aux Presses Universitaires de France.

André Comte-Sponville participe régulièrement à un certain nombre de colloques ou de publications universitaires. Il a notamment dirigé trois numéros de la Revue internationale de philosophie, consacrés respectivement à Montaigne (n° 181, 1992), à Pascal (n°199, 1997), et à Alain (n° 215, 2001). Mais il écrit aussi dans la presse grand public (L’Express, Le Point, Le Nouvel Observateur, L’Événement du Jeudi, L’Expansion, Le Monde, Le Figaro, La Croix, Libération, Le Magazine littéraire, Impact-Médecin Hebdo, Psychologies, Le Monde des Religions, Challenges…). Enfin, on l’a vu plusieurs fois à la télévision, à l’invitation notamment de Michel Polac, Bernard Pivot, Jean-Marie Cavada, Christine Ockrent, Patrick Poivre d’Arvor, Franz-Olivier Giesbert, Guillaume Durand, Michel Field, Laure Adler, Frédéric Ferney et Serge Moati.

Ses livres les plus faciles : L’amour la solitude et Présentations de la philosophie (les deux aux éditions Albin Michel, rééd. « Le Livre de Poche »), ainsi que Le bonheur, désespérément (Ed. Pleins Feux, rééd. Librio).

Son livre le plus célèbre : Petit traité des grandes vertus, publié en janvier 1995, aux PUF (Prix La Bruyère de l’Académie Française, 300 000 exemplaires vendus en France, traduit en 24 langues).

Ses livres les plus récents : La sagesse des Modernes, avec Luc Ferry (Robert Laffont, 1998) ; L’être-temps (PUF, 1999) ; Dictionnaire philosophique (PUF, 2001) ; Le capitalisme est-il moral ? (Albin Michel, 2004) ; La philosophie (PUF, coll. « Que sais-je ? », 2005) ; La vie humaine (avec des dessins de Sylvie Thybert), Hermann, 2005 ; L’esprit de l’athéisme (Introduction à une spiritualité sans Dieu), Albin Michel, 2006 ; Le miel et l’absinthe (Poésie et philosophie chez Lucrèce), Hermann, 2008 ; Du corps, PUF, 2009.

Son dernier livre : Le goût de vivre et cent autres propos, est paru chez Albin Michel, en avril 2010.

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