Ciné-Philo, 15 novembre 2011 : L’enfant sauvage, de François Truffaut

Ciné-Philo

Mardi 15 novembre 2011 à 20h30 au cinéma Le Foyer à Acigné :

L’enfant sauvage, de François Truffaut

L’enfant sauvage, de François Truffaut

En relation avec le thème «  La parole et la pensée ».
Présenté par Sandrine Servy, professeur de philosophie au lycée Zola à Rennes.

(l’entrée est au tarif du cinéma)
Site du cinéma Le Foyer à Acigné : www.cinemalefoyer.fr

Présentation :

L’enfant sauvage, François Truffaut, 1970

Le film L’enfant sauvage raconte l’histoire de Victor, enfant trouvé vers l’âge de 9-10 ans dans l’Aveyron, avec le docteur Itard, qui s’était vu confié l’enfant pour tenter de l’éduquer afin de le réinsérer dans la vie sociale.

Le film montre les diverses étapes de cette éducation et de ses tâtonnements, nous enseignant à la fois combien l’éducation est indispensable à la constitution de notre humanité et combien la compréhension de ce que nous sommes (des êtres devant être éduqués) est difficile. On peut dire que le film montre ainsi à la fois comment nous devenons humain et la difficulté de la compréhension de ce devenir. Il présente un double intérêt, génétique (ou métaphysique) et épistémologique : non seulement celui de comprendre notre humanité, mais aussi celui de comprendre la difficulté de penser cette humanité.

C’est en 1797 que Victor est attrapé. On lui donne 11 ou 12 ans. Bonaparte, ayant eu connaissance de cet événement, demande son transfert à Paris, à l’Institution impériale des Sourds et Muets (rue du Faubourg Saint-Jacques). C’est là que le docteur Itard, médecin-chef, obtient la garde de l’enfant pour cette expérience d’éducation (ou de rééducation, selon le point de vue adopté à propos de la définition de notre humanité). Il confie les soins de l’enfant à Madame Guérin tandis qu’il le fait travailler et travaille lui-même à comprendre ce qui se passe en réfléchissant à la manière de s’y prendre. On assiste alors à une double éducation : celle de l’enfant et celle de l’éducateur. Après 11 ans de ce train de vie, Itard abandonne et laisse le jeune adulte chez Madame Guérin, qui s’en occupera jusqu’à la mort de celui-ci, en1828, vers l’âge de 39 ans. Victor n’aura jamais réussi à parler.

Le film de Truffaut est très fidèlement inspiré du Mémoire et Rapport sur Victor de l’Aveyron, écrit par le Docteur Itard (1774-1838) tout au long de son « expérience » de rééducation ou d’éducation du jeune Victor. On peut trouver ces deux textes dans le livre Victor de l’Aveyron, de Jean Itard, publié aux éditions Allia, 2009, ainsi que dans le livre de Lucien Malson, Les enfants sauvages, mythe et réalité suivi de Mémoire et rapport sur Victor de l’Aveyron, éd. 10/18, 1964, réédité en 2002.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les sites suivants :
http://www.ammppu.org/litterature/itard_victor_aveyron.htm
http://www.19e.org/biographies/I/itard.htm

Bibliographie autour du sujet :
Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique
Condillac, Traité des sensations

La parole et la pensée, par Michel Poitevin

Ateliers populaires de philosophie

Deuxième cycle, du lundi 10 octobre au lundi 14 novembre 2011

La parole et la pensée
par Michel Poitevin
Professeur de philosophie au lycée Savina de Tréguier

Infos pratiques :
Lieu : Auditorium Paul Ricœur au lycée Zola, Avenue Janvier, Rennes
Horaires : tous les lundi, 18h-20h (hors vacances scolaires)
Entrée libre et gratuite, renseignements et contact : 06 11 14 23 70

Programme des ateliers populaires de philosophie 2011-2012

Présentation de l’atelier :

Parole et pensée

Y-a-t-il un usage de la parole qui résiste à l’usure du langage?
Tout se passe comme si notre parole était envahie par une langue commune. Dans ces conditions, comment trouver une voix juste, comment accéder à une parole qui ex- prime à la fois notre pensée et notre sensibilité?
Nous nous interrogerons d’abord sur les relations entre les mots et la pensée : les mots sont-ils un obstacle à l’expression de nos idées ou une épreuve pour la pensée qui doit passer par le langage pour manifester son énergie et sa puissance?
Nous nous interrogerons ensuite sur la nature de la parole poétique : est-elle en charge de la vérité, assumant ainsi une responsabilité autrefois confiée à la philoso- phie? N’est-elle pas plutôt à l’origine d’une émotion singulière et désintéressée?

Bibliographie :

1 – Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète , trad. Marc B. de Launay Poésie Gallimard Dans cette méditation sur “l’accomplissement intérieur”, Rilke souligne la part de la soli- tude nécessaire à toute entreprise de création littéraire.
2 – Henri Bergson, Le rire (1900). Essai sur la signification du comique, PUF Dans le chapitre III, Bergson montre que la mission de l’art est de nous faire rencontrer la réalité en développant notre sensibilité esthétique
3 – Henri Bergson, La pensée et le mouvant. Essais et conférences (1934), P.U.F., 1969 La pensée humaine manque le mouvement qui est la réalité même des choses. Bergson in- vente les concepts pour permettre à la pensée d’accéder à cette réalité.
4 – Hegel, Phénoménologie de l’esprit (1807), trad. Hyppolite, Aubier, 1947, tome II, pp. 69- 84. Hegel montre comment le flatteur cherche à renverser le sens du pouvoir en jouant sur ses éléments les plus représentatifs.
5 – Heidegger, Lettre sur l’humanisme (1946), Aubier, philosophie de l’Esprit, 1983 Heidegger développe dans ce texte une réflexion sur le sens de L’Etre et définit la réalité humaine dans son rapport essentiel au langage.
6 – Michel Foucault, L’ordre du discours, NRF, Gallimard, 1971. Leçon inaugurale au Col- lège de France
7 – Émile Benvéniste , Problèmes de linguistique générale, II (1974) Benveniste confronte les propositions de la linguistique aux interrogations des sciences (histoire, psychanalyse, philosophie)